Chaleur dans le logement : tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne

Chaleur dans le logement : tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne

Le logement est un besoin de première nécessité. Mais quand les températures grimpent, tout le monde n'est pas à l'abri de la même façon.

Selon l'étude exclusive menée par YouGov pour Jinka, 39 % des Français se sentent mal chez eux l'été. Une moyenne qui cache de fortes disparités : la proportion grimpe à 55 % chez les locataires, 49 % chez les célibataires, 46 % chez les non-bacheliers et 43 % chez les étudiants.

Pensée pour sonder la perception du DPE, l'étude dessine en réalité une carte des inégalités face au logement. Mettons en lumière ces écarts pour que chacun puisse choisir son logement en toute connaissance de cause.


💡 Ce qu'il faut retenir

  • Les locataires en première ligne : 55 % se sentent mal chez eux l'été, dont 20 % très mal, près de deux fois la moyenne nationale (39%).
  • Un écart qui va de 1 à 5 : entre un locataire et un propriétaire sans crédit, la part de ceux qui se sentent très mal chez eux l'été est divisée par cinq (20 % contre 4 %).
  • La précarité se paie en degrés : personnes sans emploi, non-bacheliers, femmes, célibataires sont plus exposés à la chaleur chez eux.
  • Une double peine : les plus exposés sont aussi les moins bien informés. 74 % des locataires et des étudiants pensent qu'un bon DPE garantit la fraîcheur, contre 64 % de l'ensemble des Français.

Locataires et étudiants* : ceux qui ont le plus chaud

Les locataires sont les plus mal lotis face à la chaleur : 55 % se sentent mal chez eux l'été, dont 20 % très mal, près de deux fois la moyenne nationale.

Les étudiants, qui partagent souvent leur condition, ne sont pas épargnés : c'est la situation professionnelle qui se sent globalement le plus mal chez elle l'été (43 %, contre 36 % des retraités).

Avec peu de moyens et sans la main sur les travaux, leur seule issue est souvent de déménager. En se fiant à une étiquette qui ne leur garantira pas pour autant la fraîcheur : 74 % des locataires comme des étudiants pensent qu'un bon DPE est synonyme de confort estival, soit 10 points de plus que l'ensemble des Français.

Propriétaires : nettement mieux protégés

À l'autre bout de l'échelle, les propriétaires s'en sortent bien mieux : ceux qui remboursent un crédit sont 34 % à se sentir mal chez eux l'été, dont 8 % très mal tandis que ceux sans crédits sont à 27 % être mal, dont seulement 4 % très mal.

Ainsi, entre le locataire et le propriétaire sans crédit, la part de ceux qui étouffent chez eux est divisée par cinq.

« Les résultats sont sans équivoque : les biens en location ont un grand besoin de travaux, et notamment énergétiques, mais les propriétaires bailleurs sont peu accompagnés pour les financer. Ainsi, beaucoup n'ont d'autre choix que de les reporter ou de vendre leur bien, ce qui aggrave la tension locative. Résultat : les locataires louent ce qu'ils parviennent à obtenir, pas ce qu'ils auraient choisi. L'assouplissement prévu par le projet de loi Relance logement, qui permettrait de continuer à louer les logements classés F et G contre un engagement de travaux, est une bonne nouvelle pour le volume de l'offre. Mais il ne fait que repousser l'échéance. Tant que le frein financier à la rénovation ne sera pas levé, le problème restera entier. » Marc Lebel, CEO de Jinka

Précarité financière = précarité immobilière

Plus on a les moyens, plus les critères deviennent essentiels dans la recherche d'un logement : 50 % des CSP+ jugent le DPE très important, contre 36 % des inactifs. La situation professionnelle creuse encore l'écart : 86 % des actifs le jugent important, contre 70 % des personnes sans emploi.

En filigrane, c'est la différence d'accès au logement selon les classes sociales qui se dessine. Et ceux qui peuvent le moins choisir sont aussi ceux qui ont le plus chaud. De ce fait, les personnes sans emploi sont les plus nombreuses à se sentir très mal chez elles l'été (16 %), contre 10 % des retraités et 11 % des travailleurs. De leur côté les non-bacheliers jugent moins souvent le DPE important (78 %, contre 85 % des diplômés du supérieur), mais sont 46 % à se sentir mal chez eux l'été, contre 37 % des diplômés.

Les femmes, plus exposées à la chaleur

Plus exposées à la précarité financière, les femmes sont nettement moins nombreuses à profiter d'un logement frais l'été : seules 11 % se sentent très bien chez elles, contre 17 % des hommes. Autrement dit, les hommes sont 1,5 fois plus nombreux à vivre dans un logement qui reste frais.

Au total, 56 % des femmes se disent bien chez elles l'été, contre 61 % des hommes, et 41 % s'y sentent mal, contre 37 % des hommes.

Seul, on a plus chaud

La précarité estivale est très marquée chez les célibataires : 49 % se sentent mal chez eux l'été, contre 33 % des personnes en couple, et 16 % s'y disent très mal, contre 7 %.

Même constat selon la composition du foyer : ceux sans enfant, souvent installés dans des surfaces plus petites, sont 42 % à se sentir mal chez eux l'été, contre 31 % des foyers avec enfants.

« Au-delà du simple confort estival, c'est une histoire de pouvoir d'achat qui se joue ici : à deux, les frais sont partagés, ce qui permet de viser un logement plus grand et plus confortable en toutes saisons. D'autant qu'en immobilier, plus le logement est petit, plus le m² est cher. Or les petites surfaces sont aussi celles qui manquent le plus de travaux, avec à la clé un inconfort, notamment thermique. » Marc Lebel, CEO de Jinka

Une double inégalité : de confort et d'information

Au-delà du DPE, cette étude révèle que le logement ajoute des inégalités à celles que vivent déjà les plus fragiles : une inégalité de confort estival, et une inégalité d'information.

Locataires, étudiants, personnes sans emploi, célibataires, femmes : ce sont d'abord eux qui souffrent de la chaleur chez eux. Et ce sont souvent eux les moins bien informés, prêtant au DPE des promesses qu'il ne tient pas au moment de choisir leur logement.

À l'heure où les canicules sont amenées à se multiplier, mieux comprendre ce que mesure (et ne mesure pas) de DPE devient un enjeu pour chacun.


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Étude réalisée par YouGov pour Jinka auprès de 1 018 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne les 3 et 4 septembre 2026. Représentativité assurée par la méthode des quotas.

* Part des locataires : 35 % des répondants, part des étudiants : 4 % des répondants.

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