DPE et confort d'été : le grand malentendu des Français
Le DPE s'est imposé en quelques années comme le repère numéro un des Français pour choisir un logement. Une bonne étiquette, c'est forcément un logement agréable à vivre, été comme hiver ? Pas si facile.
Selon l'étude exclusive menée par YouGov pour Jinka, 83 % des Français jugent le DPE important, mais 64 % pensent qu'un bon DPE rend un logement plus confortable l'été. Or la note du DPE ne tient pas compte du confort d'été. Une confusion qui pèse lourd quand la chaleur s'installe, et qui varie fortement selon l'âge et la région.
Cassons les idées reçues pour vous permettre de choisir votre logement en toute connaissance de cause.
💡 Ce qu'il faut retenir
- Le DPE est devenu incontournable : 83 % des Français le jugent important pour choisir leur logement.
- Il ne mesure pas le confort d'été : sa note repose sur la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, 64 % des Français pensent qu'un bon DPE garantit un logement frais.
- Près de 4 Français sur 10 ont trop chaud chez eux l'été, et plus d'1 sur 10 s'y sent très mal.
- Le territoire change tout : on souffre davantage de la chaleur dans le Sud-Est et dans les grandes villes que dans le Nord-Ouest ou les petites communes.
- Avec l'âge, on se fie moins aveuglément à l'étiquette : les 65 ans et plus sont moins nombreux à confondre bon DPE et fraîcheur.
Le DPE, un critère devenu incontournable
Obligatoire dans les annonces, il sert aussi de radar dans l'interdiction progressive de louer les passoires énergétiques. En quelques années, le diagnostic de performance énergétique est devenu un réflexe : 83 % des Français le jugent important pour choisir leur logement, dont 41 % très important.
C'est l'un des rares repères chiffrés dont on dispose pour comparer deux biens. Logique, donc, qu'on lui fasse confiance. Le problème, c'est ce qu'on lui prête.
Confort d'été, pollution : on lui prête plus qu'il ne mesure
La note du DPE repose sur deux critères : la consommation d'énergie du logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Le confort d'été n'y apparaît que sous la forme d'un indicateur secondaire, qui n'a aucun impact sur l'étiquette.
Autrement dit, un logement classé A ou B peut tout à fait devenir une étuve en juillet. Pourtant :
- 64 % des Français pensent qu'un bon DPE rend un logement plus confortable l'été. À peine un sur cinq (21 %) sait que ce n'est pas le cas.
- 64 % associent aussi un bon DPE à un logement peu polluant.
« Inconnu il y a quelques années, le DPE est devenu LE marqueur de référence en matière de qualité immobilière pour les Français. C'est l'un des rares repères chiffrés dont ils disposent pour comparer des logements : il est donc logique qu'ils lui prêtent plus de vertus qu'il n'en a. Le problème n'est pas leur confiance, c'est que personne ne leur explique ce que l'étiquette mesure vraiment. » Marc Lebel, CEO de Jinka
L'été à la maison : près de 4 Français sur 10 ont trop chaud
Cette confusion pèse d'autant plus lourd quand la chaleur s'installe. Si 58 % des Français se disent bien chez eux l'été, seuls 14 % s'y sentent très bien, dans un logement frais.
À l'inverse, 39 % s'y sentent mal, dont 11 % très mal tant il y fait chaud : plus d'un Français sur dix étouffe chez lui l'été.
Nord, Sud, grande ville ou campagne : le territoire change tout
Selon l'endroit où l'on vit, on ne regarde pas le DPE, ni ne vit l'été, de la même façon.
L'Île-de-France : vouloir choisir, sans le pouvoir
45 % des Franciliens jugent le DPE très important, et c'est la seule région où aucun répondant ne le qualifie de pas important. Pourtant, forte tension oblige, 86 % des recherches des Franciliens n'excluent pas les passoires (DPE F ou G), contre 82 % ailleurs en France**. Entre ce qu'ils savent important et ce à quoi ils peuvent prétendre, les Franciliens n'ont souvent pas le luxe de choisir.
Région la plus dense et l'une des plus touchées par les mauvais DPE, l'Île-de-France est aussi celle où la croyance « bon DPE = confort d'été » est la plus forte (73 %). Et les Franciliens sont les plus nombreux à se dire plutôt mal chez eux l'été, car il y fait trop chaud (31 %).
Le Sud-Est : ceux qui ont le plus chaud sont les mieux informés
C'est là que l'on souffre le plus de la chaleur : 15 % des habitants s'y sentent très mal chez eux l'été, soit près de deux fois plus qu'en Île-de-France ou dans le Nord-Ouest (8 %). Et c'est aussi là que l'on se laisse le moins tromper par l'étiquette : seuls 61 % font le lien entre bon DPE et confort estival.
Le Nord-Ouest et les petites communes s'en sortent mieux
Sans surprise, les logements les plus agréables l'été se trouvent au nord : 49 % des habitants du Nord-Ouest trouvent leur logement agréable et tempéré.
Les petites communes tirent aussi leur épingle du jeu : 33 % des habitants des villes de moins de 20 000 habitants se sentent mal chez eux à cause de la chaleur, contre 43 % dans celles de plus de 100 000 habitants. De quoi appuyer l'idée que les maisons en pierre, malgré leur mauvais DPE, sont plus propices au confort estival grâce à leur inertie.
« Le DPE n'a pas été pensé pour la chaleur : ce n'est pas un indicateur de confort estival, ce qui pose un vrai problème au vu des croyances communes, surtout avec le réchauffement climatique. Il nous faut un indicateur clé qui prenne en compte le logement et son confort de vie dans son ensemble. » Marc Lebel, CEO de Jinka
Avec l'âge, on lit mieux l'étiquette
En matière de logement, l'expérience fait la différence. Plus on avance en âge, plus on accorde d'importance au DPE, en lui laissant sa juste place d'indicateur : il est très important pour 44 % des 65 ans et plus, contre 34 % des 18-24 ans.
Mais, davantage informés, les 65 ans et plus sont moins nombreux à faire le lien entre un bon DPE et un logement confortable l'été (61 % contre 71 % des 18-24 ans). Ce sont aussi eux qui se sentent le mieux chez eux l'été : 65 % s'y disent bien.
À l'inverse, les plus jeunes abordent le marché avec moins de repères. Ils sont les premiers à avouer leurs doutes : 14 % des 25-34 ans et 13 % des 18-24 ans ne savent pas si un bon DPE est synonyme de logement peu polluant. Et ce sont les 25-34 ans, souvent installés dans leurs premiers logements, qui paient le prix fort : 16 % se disent très mal chez eux l'été.
« Les seniors ont souvent vécu dans plusieurs logements, et ils savent qu'une étiquette ne dit pas tout. Une maison ancienne aux murs épais peut afficher un mauvais DPE et rester fraîche en plein été. Les plus jeunes, eux, découvrent le marché avec moins de repères, et prêtent au DPE des promesses qu'il ne tient pas. Tout l'enjeu est de donner à chacun les clés pour lire une annonce et choisir en pleine connaissance de cause. » Marc Lebel, CEO de Jinka
Vers un indicateur qui mesure aussi le confort d'été ?
Le DPE reste un outil précieux pour connaître la consommation d'énergie d'un logement et son impact climatique. Mais il ne dit rien de la façon dont on y vit l'été. Avec des canicules amenées à se multiplier, ce point aveugle devient un vrai sujet.
« À l'heure où les canicules sont amenées à se multiplier, le confort d'été ne peut plus rester un angle mort et être un vecteur supplémentaire d'inégalité. Il est donc essentiel de se doter d'un indicateur qui mesure aussi le confort d'été, qui puisse évoluer en temps réel, et permettre à chacun de choisir son logement en pleine connaissance de cause. » Marc Lebel, CEO de Jinka
En attendant, le meilleur réflexe reste de ne pas se fier à l'étiquette seule : lors de vos visites, regardez au-delà du DPE et interrogez-vous sur la façon dont le logement vit en été. Deux réflexes simples :
- Observez l'exposition et les protections solaires : de grandes baies vitrées plein sud ou ouest sans volets ni stores laissent entrer la chaleur. À l'inverse, des volets, des brise-soleil ou des arbres à proximité sont de vrais atouts. Un logement traversant, que l'on peut aérer la nuit, est aussi un bon signe.
- Posez la question à l'occupant actuel : propriétaire ou locataire en place, il est le mieux placé pour vous dire comment le logement se comporte en pleine canicule. Soyez particulièrement attentif sous les toits, où la chaleur s'accumule davantage.
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Étude réalisée par YouGov pour Jinka auprès de 1 018 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en ligne les 3 et 4 septembre 2026. Représentativité assurée par la méthode des quotas.
** Étude Jinka réalisée le 6 octobre 2026 à partir des alertes de recherche actives : 1 352 674 au niveau national, dont 568 114 en Île-de-France.